Une aide sociale à l’enfance à réinventer

300 000. C’est le nombre de mineurs placés par l’aide sociale à l’enfance. On sait aujourd’hui que ces alternatives que sont foyers et familles d’accueil se révèlent elles aussi trop souvent défaillantes, parfois même corrompues au point de mettre la sécurité de ces jeunes déjà cabossés par la vie de nouveau en grand danger. Harcèlement, insécurité, humiliations et même viols seraient monnaie courante, particulièrement dans les foyers d’accueil. Un secrétariat chargé de la protection de l’enfant et de l’adolescent ne sera pas de trop pour réinventer une aide sociale à l’enfance digne de ce nom.

Un secrétaire d’État pour la protection de l’enfance

Vendredi 25 janvier dernier était annoncée la création d’un Secrétariat d’État pour la protection de l’Enfance et de l’Adolescence. Une annonce qui réjouit tous ceux qui œuvrent pour protéger les plus fragiles que sont les enfants et les adolescents. Adrien Taquet devrait donc annoncer très rapidement la stratégie nationale en matière de protection de l’enfance, une annonce maintes fois faite et toujours reportée. Nous espérons que le nouveau secrétaire d’État saura faire preuve d’autant de pugnacité pour la protection de l’enfance, et notamment pour reprendre la loi sur l’âge du consentement sexuel,  qu’il en a témoigné pour les personnes en situation de handicap. À suivre.  

Projet de loi sur le consentement sexuel : un collectif d’associations contre l’article 2

Très attendue par les associations de protection de l’enfance, la loi sur les violences sexuelles portée par Marlène Schiappa, inquiète désormais. En cause notamment l’article 2 qui oblige l’enfant à prouver qu’il s’est opposé. Inacceptable pour 40 associations, dont L’Enfant Bleu, qui se sont regroupées en collectif pour tenter de modifier un texte dangereux. Le Collectif demande donc l’élaboration d’un nouveau texte déterminant une infraction criminelle spécifique dès lors qu’un adulte commet un acte de pénétration sexuelle sur un mineur de moins de 15 ans. Les associations regroupées demande également que, dans les cas d’inceste, le seuil d’âge soit fixé à 18 ans.

Harcèlement scolaire : un rapport accablant

Commandé par le ministère de l’Education, le rapport Debarbieux dresse un nouveau bilan sur les violences à l’école et met en évidence celles liées au genre. Selon le rapport de l’ancien délégué ministériel en charge de la prévention contre le harcèlement scolaire, on assisterait à la construction d’un “modèle viriliste”, dominant non seulement les filles mais aussi les garçons bons élèves au tout simplement pas assez virils…

http://cache.media.education.gouv.fr/file/2011/64/5/Refuser-l-oppression-quotidienne-la-prevention-du-harcelement-al-ecole_174645.pdf

La fessée interdite par la loi

Le 29 novembre 2018, les députés ont voté la loi contre les violences éducatives dites ordinaires. Selon la loi «les titulaires de l’autorité parentale ne peuvent user de châtiments corporels ou de violences physiques à l’égard de l’enfant». Ce qui signifie donc la fin des fessées, coups de ceinture ou autres violences psychologiques telles que les humiliations. On le sait, ces violences d’un autre âge admises par notre société ouvrent la porte à la maltraitance. Interdite dans 27 pays en Europe et 44 dans le monde, la « fessée » persistait dans notre pays malgré les avertissements des Nations Unis qui réclamaient son interdiction depuis 2006. À noter que le Conseil de l’Europe en 2015 avait de nouveau saisi la France pour son absence de loi contre les violences dites éducatives. 

On peut espérer que cette loi, aujourd’hui sans aucune sanction pénale, sera au fil du temps transmise de génération en génération et participera à changer l’approche éducative des futurs parents. 

Affaire Maëlys : L’Enfant Bleu se porte partie civile

L’affaire Maëlys connait un nouveau rebondissement avec la découverte d’une vidéo pédo-pornographique découverte dans le portable de Nordahl Lelandais. Celle-ci met en évidence des attouchements sur une enfant âgée de 7 ans qui pourrait être sa cousine. L’Enfant Bleu Paris a décidé de se porter partie civile par la voix de maître Yves Crespin qui représentera à la fois L’Enfant Bleu et La Voix de l’Enfant.

Affaire de viols hors normes dans la Nièvre. L’Enfant Bleu partie civile.

Le mois de novembre 2018 a été marqué par une affaire de pédophilie dite hors norme. Hors norme sans doute. Elle est surtout hors entendement. Quand huit adultes, dont 4 parents, se livrent à des abus sexuels, y compris incestueux, et des violences aggravées sur des petits garçons âgés de 4 à 9 ans, comment dire sa colère et son incompréhension ? L’incompréhension alors que ces jeunes enfants ont subi des viols et violences parfois pendant plusieurs années sans que personne ne donne l’alerte. De plus, comment comprendre que deux des adultes arrêtés aient été en liberté alors qu’ils sont poursuivis pour des faits de pédophilie ? C’est cette incompréhension qui a poussé L’Enfant Bleu à se porter partie civile dans cette affaire. Pour mieux comprendre les dysfonctionnements qui ont empêché de protéger ces enfants. Notre association restera vigilante et combative pour s’assurer que les faits seront reconnus comme crimes et que justice soit rendue à ces enfants.

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