L’Enfant Bleu recherche son/sa secrétaire


L’association l’Enfant Bleu – Enfance maltraitée de Toulouse recherche un(e) secrétaire. Le poste proposé est un CDI à temps partiel, 12h par semaine réparties en 4 demi-journées.

Sa mission sera de contribuer à l’organisation administrative de l’association. Vous serez en relation permanente avec les membres du bureau (suivi de dossiers administratifs, classement, gestion de la boite mails et appels téléphoniques, aide à la gestion des plannings).

Pour mener à bien cette mission, vous justifiez d’une expérience de 1 année minimum sur des missions similaires et vous possédez un grand sens de la discrétion.  Vous avez une très bonne maitrise des outils bureautiques (Pack Office, internet). Vous êtes une personne, organisée et rigoureuse, dotée d’un bon relationnel et de capacité d’autonomie vous permettant de travailler seule et en équipe. 

Le poste, situé à Toulouse (quartier des Minimes), est à pourvoir immédiatement.

Merci d’adresser votre lettre de motivation et CV à L’enfant bleu Toulouse, 18 avenue des Mazades 31200 Toulouse ou par courriel lenfantbleutoulouse@wanadoo.fr

Mort d’Axel Kahn

Généticien, essayiste, humaniste, Axel Kahn ajoutait à sa curiosité et son indéniable talent le courage. Celui d’avoir parlé sur les ondes des attouchements dont il avait été victime enfant. (Photo : Santarem)

Médecin, généticien, essayiste, philosophe, brillant, passionné, Axel Kahn était tout cela. Il  nous a quittés à l’âge de 76 ans, mardi 6 juillet, et laisse un grand vide derrière lui. À ces glorieux qualificatifs, nous pouvons ajouter le mot « courageux ». Quand en 2019, alors que le cardinal Barbarin est accusé d’avoir couvert les faits de pédophilie du prêtre Bernard Preynat, il avait révélé sur RMC avoir été lui-même victime d’attouchements : « Ces histoires (d’actes pédophiles ndlr) ne m’étonnent pas parce que, personnellement, je connais ça. Je n’ai pas été violé mais j’ai été en butte à des prêtres pédophiles et un chef scout pédophile ».

« J’ai subi des attouchements, précisait-t-il alors. Je me rappelle avoir passé avec ce chef scout des nuits entières d’attouchements. Le curé, lui, était relativement modéré. Il m’emmenait et me faisait baigner nu dans les affluents du Loing. Il n’a jamais été au-delà mais son homosexualité et sa pédophilie ne faisait pas de doute. Mon chef scout était même beaucoup plus que cela… À l’époque, c’était tout à fait extraordinaire car on avait honte de le dire, poursuivait le généticien. Quand je l’ai dit à ma mère, pourtant pas du tout confite en dévotion, elle a été totalement indignée mais elle n’a pas fait de scandale. Elle est allée voir le grand chef scout pour lui demander d’écarter le coupable ».

Plus de soixante ans plus tard, les victimes commencent tout juste à parler. Et le courage de personnalités comme Axel Kahn ont largement contribué à briser ce tabou.

Axel Kahn avait annoncé sa mort imminente le 11 mai dernier et avait accordé une série d‘entretiens dans lesquels ce grand humaniste parlait de la fin de sa vie qu’il qualifiait d’expérience « saisissante ». À propos de cette fin annoncée il évoquait dans un tweet : « La joie de tout instant de beauté est décuplée par l’hypothèse que l’on pourrait n’en plus connaître de pareille. Sensation inouïe, bonheur immense ».

La disparition d’un esprit aussi libre qu’éclairé que celui d’Axel Kahn nous attriste. Mais, comme il le confiait avant son départ avec une touchante sérénité « La vie a une fin. » Avant de nous prodiguer ce dernier merveilleux conseil « Ne jamais commencer à vivre en dispense».  Nous nous y emploierons.

L’Espagne, pionnière dans la protection des enfants

L’Espagne fait figure de modèle en votant une loi très globale pour mieux protéger les enfants.

Après 10 ans de travail collectif entre experts et politiques, l’Espagne fait figure d’exemple après avoir voté  à une écrasante majorité une loi qui aborde toutes les facettes de la violence sur les enfants, de la prévention à la réparation en passant par la détection précoce ou la protection judiciaire. Cette loi modifie pas moins de seize lois existantes, implique presque tous les ministères et oblige les administrations à développer une stratégie de sensibilisation et de lutte contre ces violences.

Les violences sur enfants sont évitables

C’est de ce constat qu’est née la détermination du gouvernement espagnol de revoir la protection des plus fragiles que sont les enfants.

À partir de là, un second constat s’est imposé aux Espagnols : « La violence contre les enfants ne pouvait pas s’aborder uniquement par le biais d’une réforme du code pénal, elle doit être prise en compte d’un point de vue global et inclure toute la société », déclarait Sonsoles Bartolomé, directrice juridique de la fondation d’aide aux enfants et adolescents en situation de risque (ANAR).

Cette loi revient sur des sujets majeurs à l’image de l’obligation de porter plainte pour toute personne ayant connaissance ou qui soupçonnerait des violences sur des mineurs, y compris sur Internet. Obligation renforcée pour les médecins et enseignants. Elle remet également en cause le délai de prescription repoussé dans le cas d’agressions sexuelles sur mineurs qui débute désormais à partir des 35 ans de la victime et non plus à la majorité.

Côté judiciaire, les Espagnols ont décidé la création de tribunaux, de parquets spécialisés ainsi que d’unités de police chargées ces affaires si sensibles.

Enfin, preuve d’une vraie volonté d’en finir avec le tabou de la violence sur enfants, l’Espagne a créé un registre unifié des enfants victimes de violences. A l’image de celui sur les femmes tuées par leur conjoint qui, en son temps, avait brisé ce tabou.

Pour les ONG, cette loi « intégrale » fait figure de « pionnière ». On ne peut qu’applaudir.

Protection de l’enfance : un nouveau texte à l’étude

Le nouveau texte annoncé promet aux enfants les plus fragiles la garantie « d’un cadre de vie sécurisant et serein ».

Une nouvelle loi pour « améliorer la prévention et la protection de l’enfance » devrait voir le jour dans les prochains mois. Le projet doit être présenté en première lecture à l’Assemblée nationale dans la première quinzaine de juillet. Un texte essentiel sur lequel notre association, force de proposition, porte la plus grande attention et poursuit un travail assidu.

Pour Adrien Taquet, Secrétaire d’Etat à l’enfance, ce nouveau texte devrait « garantir véritablement aux enfants un cadre de vie sécurisant et serein, et aux professionnels un exercice amélioré de leurs missions ».

Parmi les mesures phares à retenir celles qui concernent les quelque 330 000 jeunes suivis par l’aide sociale à l’enfance. Le projet de loi vise notamment à interdire les placements hôteliers. Seules les situations d’urgence feraient l’exception à cette pratique qui avait été révélée, on s’en souvient, dans un documentaire télévisé et fait un scandale retentissant. Si la démarche est sans doute louable, L’Enfant Bleu s’interroge néanmoins sur les alternatives à ces hébergements qui ne sont aujourd’hui pas clairement définies.

Côté structures d’accueil, elles devront faire la preuve d’une politique de lutte contre la maltraitance et nommer un référent externe que les enfants pourront saisir directement en cas de problème.

Le nombre d’enfants pris en charge par les professionnels de la protection de l’enfance, souvent débordés, devrait quant à lui, être revu.

Autre volonté, celle du contrôle des professionnels au contact de ces enfants fragiles non seulement au moment du recrutement mais aussi durant leur mission.

Enfin, à noter qu’un fichier national des agréments des assistants familiaux devrait voir le jour, l’idée étant d’empêcher qu’ils exercent dans un autre département dans l’éventualité où leur agrément leur serait retiré.

La pandémie a mis un peu plus en lumière la situation précaire de l’aide à l’enfance en France indigne d’une grande démocratie comme la nôtre. Un dossier dans lequel L’enfant Bleu jette toute sa détermination pour que la loi protège ces enfants qui ont déjà tant perdu.

Prescription pour l’affaire Duhamel

Comme on s’y attendait, lundi 14 juin, cinq mois après l’ouverture d’une enquête pour viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans, la procédure visant le politologue Olivier Duhamel, beau-père de la victime, a été classée sans suite. Aujourd’hui âgé de 45 ans, Victor Kouchner n’a pas souhaité s’exprimer à la suite du verdict par plus que l’auteur des agressions qui a reconnu avoir agressé son beau-fils Victor Kouchner lorsque ce dernier était mineur.

Rappelons que l’affaire a été dévoilée par la sœur de la victime Camille Kouchner qui avait dévoilé dans un livre «La Familia grande» non seulement les agressions sexuelles répétées subies par son frère mais aussi la véritable omerta dans l’entourage du politologue Olivier Duhamel, au courant des actes d’Olivier Duhamel.

Suite à ces révélations, des proches du couple Duhamel-Pisier, accusés d’avoir gardé le silence, ont été pris dans le scandale à l’image de l’ancienne ministre socialiste Elisabeth Guigou, qui a renoncé à présider la commission indépendante sur l’inceste ou encore de Frédéric Mion, qui a lui démissionné de son poste de directeur de Sciences Po Paris.

Affaire donc classée « sans suite » pour cause de prescription. Sans suite pour la justice mais pas pour la victime qui elle vivra avec ces blessures toute sa vie.

Prescription pour le politologue Olivier Duhamel (photo dr).

Un numéro contre les violences numériques

Le Covid 19 a fait émerger de nombreuses formes de violence. Et parmi elles, les violences numériques. L’augmentation des cyberviolences depuis le début de la pandémie a poussé le secrétariat d’État en charge de l’Enfance ainsi que l’association e-Enfance à créer un numéro spécial dédié à ce type de violences.

Le 3018 est donc un nouveau numéro national d’assistance pour tous les enjeux de protection des mineurs sur Internet et d’aide à la parentalité numérique.

L’expertise en ce domaine de l’association e-enfance est un vrai plus pour cette nouvelle initiative, puisque l’association avait déjà été mandatée par le gouvernement pour répondre  aux questions des parents liées à l’exposition des enfants à la pornographie et au contrôle parental sur le site jeprotegemonenfant.gouv.fr 

Véritable pendant numérique du 119 (numéro de l’enfance en danger), ce nouveau numéro d’assistance pour les jeunes victimes de violences numériques est gratuit, anonyme et confidentiel. Il est accessible par téléphone 6 jours sur 7 de 9 heures à 20 heures, sur 3018.fr par tchat, via Messenger et WhatsApp.

Psychologues, juristes et spécialistes des outils numériques en charge des appels sont formés à la protection des mineurs sur Internet et à l’accompagnement des parents dans leur rôle d’éducation. Ces professionnels peuvent ainsi répondre aux différentes et nouvelles problématiques que sont  le cyber-harcèlement, le revenge porn, le chantage à la webcam, la surexposition aux écrans, aux contenus violents et pornographiques, à l’usurpation d’identité ou encore au piratage de compte.

Détail essentiel, le 3018 intervient à la demande des jeunes ou de leur responsable pour faire supprimer un compte ou contenu illégal qui leur porterait préjudice. Lorsque l’on sait les conséquences que peuvent provoquer ce genre de dérapages, on se félicite de cette nouvelle initiative.

Photo : Ludovic Toinel

Un chat pour l’enfance en danger

Un tchat comme une nouvelle main tendue pour ne pas rester isolé (photo Toa Haftiba).

Après l’explosion du nombre d’appels durant les périodes de confinement, le 119-Allô Enfance en danger vient de mettre en place un tchat destiné aux enfants, adolescents et jusqu’aux majeurs âgés de moins de 21 ans.

Pour répondre à des appels toujours plus nombreux et s’adapter aux modes de communication de cette jeune population, le 119 propose aujourd’hui un nouvel outil pour recueillir la parole d’enfants et adolescents en détresse.

Accessible depuis un smartphone, une tablette ou un ordinateur via le site www.allo119.gouv.fr, ce tchat permet d’échanger par écrit en toute discrétion avec des professionnels de la protection de l’enfance, le jeune pouvant à tout moment quitter la conversation.

Si le numéro 119 est, rappelons-le, ouvert 24h sur 24, 7 jours sur 7, le chat fait son galop d’essai en proposant une ouverture les lundis, mardis, jeudis et vendredis de 15h à 19h et les mercredis de 13h à 19h.

Depuis le début de la crise sanitaire et pour faire face à l’explosion des appels des jeunes confrontés aux violences intrafamiliales, les associations et le gouvernement travaillent  ensemble pour multiplier les recours proposés aux plus jeunes d’entre nous.

En plus de l’écoute et du suivi proposés gratuitement aux jeunes victimes, L’Enfant Bleu Toulouse poursuit son travail de sensibilisation de la population  à ces problèmes de violences familiales. Trop jeunes, sans possibilité de s’isoler, terrorisés, on le sait, les enfants ne sont pas toujours en capacité de donner l’alerte. Seul le courage d’un voisinage bienveillant peut alors sauver ces enfants.

Harcèlement

L’illusion de l’anonymat

Photo DR

L’anonymat supposé des réseaux sociaux permet tous les excès, tous les dérapages, et donne la (fausse) illusion que l’on devient intouchable caché derrière son écran et un pseudo. C’est sans doute ce qu’a cru Mila, cette adolescente auteure de 2 vidéos polémiques sur l’Islam qui, en janvier 2020, ont choqué de nombreuses personnes croyantes comme athées. Diffusées sur la plate-forme TikTok, elles avaient provoquées, on s’en souvient, un déchaînement de violences sans précédent à son encontre.

Dix hommes et trois femmes seront jugés le 3 juin par la 10e chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour des propos d’une extrême violence à l’encontre de Mila allant jusqu’à des menaces de mort.

Mulsulmans, catholiques, athées, tous les accusés disent avoir réagi au caractère raciste des posts de l’adolescente. Plus intéressant : tous disent avoir réagi à chaud et la majorité d’avouer avoir oublié dès le lendemain leur message.

Dans le monde des réseaux sociaux, certain de son anonymat, il est donc possible de menacer quelqu’un des pires sévices et de l’oublier aussitôt ? Le tweet de l’un des accusés en dit long sur la violence ressentie « Bon. enculer là fort qu’on en parle plus. mettez un coup de machette de ma part a cette grosse pute de #MILA ». Nous nous épargnerons la longue liste des insultes dont Mila a été victime tant le déchaînement de violence y est insupportable.

Tous les accusés reconnaissent la confiance ressentie derrière leur écran, tous parlent d’un coup de sang, d’un besoin irrépressible d’évacuer sa colère… pour l’oublier le lendemain.

Les prévenus risquent deux ans de prison et 30 000 euros d’amende pour harcèlement, et trois ans et 75 000 euros pour menaces de mort. Mila, quant à elle, a été obligée de déménager, de se terrer car l’histoire récente a prouvé que, parfois, certains se saisissent de propos et passent à l’acte.

Les réseaux sociaux ont sans doute des vertus mais ils n’autorisent pas tout. La liberté d’expression que revendiquent certains des accusés est certes un droit mais sa limite en est le respect, un respect dont la victime n’avait pas mesuré l’importance, déclenchant le tsunami que l’on sait.

L’Enfant Bleu Toulouse travaille depuis de longues années à la sensibilisation des enfants et ados aux risques d’Internet.  Au risque que prend le harceleur caché derrière son écran, aux risques qu’un tel acharnement engendre pour les victimes qui parfois, pour en finir, ne voit plus que le suicide.

Qu’on se le dise, les mots ont un sens et celui-ci peut-être lourd, grave, définitif. Celui de « respect » est visiblement à redécouvrir.

Inceste

Olivier Duhamel passe aux aveux

Trois mois après les révélations de Camille Kouchner dans son livre « La familia grande »  concernant les abus sexuels commis sur son frère jumeau, Olivier Duhamel aurait reconnu le 13 avril dernier, les faits d’inceste sur son beau-fils.

Le célèbre politologue parisien avait déjà été entendu en 2011 dans une première procédure mais la victime Victor Kouchner avait alors refusé de porter plainte.

Le temps est passé, âgé aujourd’hui de 45 ans, Victor Kouchner est allé cette fois jusqu’au bout, entraînant derrière lui de nombreuses victimes qui ont elles aussi osé franchir le pas. Même si les faits sont probablement prescrits, le tabou est aujourd’hui brisé.

La succession de cas révélés a contraint les politiques à réagir. Un texte de loi visant à renforcer la protection des mineurs face aux abus sexuels sera examiné en deuxième lecture par les députés entérinant le fait que les enfants sont considérés comme non consentant pour un acte sexuel jusqu’à l’âge de 15 ans. Le seuil passera à 18 ans en cas d ‘inceste. Même s’il reste des points à améliorer, cette loi est une véritable victoire.

Abus sexuels dans l’Église

Onze résolutions pour lutter 
contre la pédocriminalité

Parallèlement au travail de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise catholique (Ciase), les évêques, de leur côté, ont  également progressé pour lutter contre des déviances rendues publiques en 2019.

Le 26 mars, les évêques de France, réunis en Assemblée plénière à Lourdes, ont divulgué un document pour lutter contre la pédophilie. Pour mettre un terme à ces crimes, les évêques proposent onze résolutions qui devraient voir le jour entre 2021 et 2022. 

Le texte débute par la reconnaissance de « différents niveaux de responsabilité » au sein de l’Eglise. Les évêques proposent  donc « la création d’un « Conseil pour la prévention et la lutte contre la pédophilie » afin de « continuer à traiter de manière efficace, en lien avec les évêques concernés, les faits de pédophilie et de mettre en œuvre dans le long terme les mesures qui ont été décidées ».

Parmi les autres mesures annoncées, la création d’un « Service national, chargé de la protection des mineurs, d’une « association d’écoutants » et d’un « tribunal pénal canonique interdiocésain ». 

Un lieu mémoriel devrait également voir le jour à Lourdes pour accueillir « les apports des personnes victimes… » mais aussi de permettre aux « générations à venir à ne pas retomber dans la naïveté quant à la proximité des relations de pouvoir et de la sexualité ». Enfin, les auteurs d’abus devraient être « accompagnés ».