Un bouquet pour vos tables de Noël

Comme chaque année à l’approche de Noël, la fidèle équipe des Lions de Toulouse Donjon propose un merveilleux bouquet pour trôner au milieu de vos tables de fête. Toujours très raffinés, ces bouquets vous sont proposés au prix de 22 euros. L’ensemble de la recette sera reversée à notre association. Alors n’hésitez plus et commandez, avant le 19 décembre, votre bouquet pour vos fêtes de fin d’année. 

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Inceste et violences sexuelles

Des témoignages édifiants

Plus de 3 800 témoignages de violences sexuelles ont été enregistrées en seulement 8 semaines.
(photo Dimitri Anikin)

Quelques semaines après le séisme créé par l’annonce des conclusions du rapport Sauvé, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), créée en mars 2021, a livré à son tour le 17 novembre dernier les premiers résultats de son appel à témoignage lancé au mois de septembre.

Mails, courriers, appels téléphoniques, au total ce sont plus de 6200 témoignages qui ont été reçus en seulement 8 semaines depuis l’appel à témoin lancé par la commission. Plus de 3800 questionnaires accessibles sur le site de la Ciivise ont été remplis et ont permis d’en savoir plus sur l’origine et les conséquences de ces agressions.

Premier enseignement : 80 % des personnes ayant rempli le questionnaire ont été victimes de violences sexuelles dans la famille, 20 % dans l’entourage, 10 % dans les institutions et 7 % dans l’espace public.

Neuf témoignages sur 10 proviennent de femmes et 7 sur 10 témoignent plus de 10 ans après leur agression. Une sur deux n’ayant jamais évoqué les faits dit ne pas l’avoir fait par honte.

Les témoignages recueillis, dont 9 sur 10 émanent de femmes, ont permis de mettre en évidence l’urgence d’une prise en charge rapide au vu des conséquences de ces violences sur la santé des victimes de nombreuses années après les faits.

D’après le document du Ciivise “Près de neuf victimes sur dix déclarent que les violences sexuelles ont eu un impact négatif sur leur confiance en eux et sur leur santé psychologique. Une victime sur trois rapporte avoir déjà fait une tentative de suicide”

“Suite aux violences sexuelles, une femme sur trois déclare des problèmes gynécologiques et une sur cinq déclare un dérèglement de son cycle menstruel ou une absence de règles”. A la suite des violences sexuelles, “une victime sur trois déclare n’avoir aucune vie sexuelle. Près d’un homme sur deux déclare avoir une sexualité compulsive, cela concerne moins d’une femme sur trois”.

Lancée en janvier 2021 par le gouvernement, la commission présidée par Edouard Durand, magistrat et expert de la protection de l’enfance, et par Nathalie Mathieu, directrice générale de l’association Docteurs Bru, a pour but de mieux prévenir les violences sexuelles, mieux protéger les enfants victimes de ces abus et lutter contre l’impunité des agresseurs. Une urgence.

Un plan national contre le harcèlement

En France, 1 jeunes sur 10 est victime de harcèlement au sein de son établissement scolaire (photo Adrian).

Le sujet prend enfin la dimension qu’il mérite. En annonçant jeudi 18 novembre, journée nationale contre le harcèlement, la création d’une application pour recueillir les dénonciations de harcèlements, le président Macron a pris la parole le jeudi 18 novembre portant ainsi le sujet au plus haut des préoccupations. Enfin, serait-on tenté de dire.

Alors qu’un enfant sur 10 est concerné par le harcèlement dans son établissement, le gouvernement a donc annoncé des mesures fortes pour lutter contre ce fléau. En dehors de la mise en place de l’application 3018, où les victimes et témoins de harcèlement en ligne peuvent déposer les preuves et captures d’écran, seront parallèlement mis en place et développés des lieux d’écoutes pour les élèves harcelés . Enfin, un contrôle parental renforcé sur les téléphones et les tablettes devrait également voir le jour.

Des mesures rassurantes qui vont dans le bon sens et devraient tenir leurs promesses… à condition que le personnel au sein des établissements scolaires soit massivement formé et les élèves toujours plus sensibilisés.

Des conditions essentielles de réussite auxquelles croit fermement L’Enfant Bleu. Pour preuve les Interventions en milieu scolaire (IMS) que l’association propose aux établissements demandeurs depuis de longues années.

Non au harcèlement scolaire et cyber-harcèlement

Jeudi 4 novembre : journée internationale contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire scolaire

On le sait, le harcèlement scolaire est un phénomène grandissant partout dans le monde. Le récent #anti2010 qui s’est abattu sur nos établissements français dès la rentrée scolaire confirme, s’il en était besoin, l’absurdité et l’ampleur inquiétante de ce phénomène.

Selon le rapport de la Commission d’information du Sénat, chaque année,  800 000 à 1 000 000(1) d’enfants seraient victimes de harcèlement scolaire. Tout aussi inquiétant, le rapport estime que 65% des enseignants s’estiment mal armés face au harcèlement, du fait d’un manque de formation, de difficultés à le détecter ou d’une absence de soutien de leur hiérarchie.

Ce même rapport est à l’origine de 35 recommandations pour enrayer cette violence grandissante parmi lesquelles :

  • impliquer les élèves dans la rédaction du règlement intérieur,
  • afficher de façon visible dans les établissements, dans les cahiers de correspondance et les agendas scolaires les numéros d’appel 3018 et 3020,
  • contraindre les réseaux sociaux à présenter périodiquement à leurs utilisateurs des vidéos didactiques de sensibilisation au harcèlement etc.

Depuis plusieurs années le ministère de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports organise une opération baptisée “non au harcèlement” ainsi qu’un concours à destination des jeunes. Cette opération s’inscrit désormais dans le programme pHARe, consacré à la lutte contre le harcèlement. L’académie de Toulouse est associée depuis la phase expérimentale à ce programme qui implique la formation de directeurs d’école et proviseurs de collège. Objectif de cette formation : sensibiliser, former, prévenir et prendre en charge les jeunes victimes de harcèlement dans leur établissement.

Pour sa part, L’Enfant Bleu Toulouse propose depuis de nombreuses années des Interventions en milieu scolaire (IMS) destinées à sensibiliser les enfants au problème du harcèlement en milieu scolaire et au cyber-harcèlement. Une prévention que l’on sait aujourd’hui indispensable pour enrayer cette dérive désastreuse.

Si vous êtes harcelé ou parent d’un enfant harcelé, témoin ou harceleur vous-même  ne restez pas seul, parlez au plus vite.

L’Enfant Bleu Toulouse met à votre disposition psychologues et juristes pour vous aider gratuitement. Appelez le 05 61 53 21 10.

Vous pouvez aussi contacter le 3018, numéro national pour demander de l’aide.

Photo : Daria Nepriakhina

Les enfants ont des droits

20 novembre : journée mondiale de l’enfance

Les enfants ont des droits et une journée anniversaire est nécessaire pour le rappeler.

Celle du 20 novembre leur est donc consacrée à travers le monde. Pour aller plus loin, comme chaque année, L’Enfant Bleu Toulouse est partie prenante du collectif « Enfants d’ici et d’ailleurs » qui organise pour l’occasion un forum sur les #droits de l’enfant réservé aux classes de CM1 et CM2.

Petite nouveauté : cette année les ateliers proposeront aux enfants de réfléchir aux droits fondamentaux tels que l’éducation, la santé ou encore la protection plutôt que de se consacrer à un pays comme c’était le cas jusqu’à présent.

Plébiscités par les enseignants, ces ateliers se dérouleront du 22 au 25 novembre pour les élèves de Colomiers, le 26 novembre à Saint-Jean et enfin du 31 janvier au 4 février pour ceux de Balma.

Plan anti-harcèlement scolaire

L’académie de Toulouse en ordre de bataille

Le 13 octobre dernier, un plan de #lutte contre le harcèlement scolaire baptisé #pHARe a vu le jour au sein de l’académie de Toulouse. 

Objectif de ce nouveau plan : sensibiliser, former, prévenir et prendre en charge les jeunes victimes de #harcèlement dans leur établissement.

Dans un premier temps, 84 directeurs d’école et 546 proviseurs de collège vont recevoir une formation pour mieux prendre en charge le harcèlement scolaire.

Déjà testé depuis deux ans dans plusieurs académies de France, dont celle de Toulouse, ce programme s’articule autour de 5 mesures censées faire bouger les lignes dans les établissements :

1) La notion d’ambassadeurs “non au harcèlement” : les établissements auront l’obligation de s’en doter.

2) Les comités d’éducation à la santé, la citoyenneté et l’environnement propres à chaque établissement seront mobilisés sur la question de la prévention du harcèlement. L’objectif étant de dresser un état des lieux et de déterminer un plan d’action.

3) Les instances de démocratie scolaire, conseils de vie collégienne, conseils de vie lycéenne seront également, invitées à s’emparer du sujet.

4) Les écoles et établissements constitueront une équipe pluri-catégorielle, qui sera ensuite formée à la prise en charge spécifique du harcèlement. Des modules en ligne seront également mis à disposition des élèves.

5) Les parents seront associés à cette démarche au travers d’ateliers.

De nouvelles initiatives qui espérons-le parviendront à faire reculer ce redoutable phénomène qu’est le #harcèlement scolaire

Abus sexuels dans l’Église

Des chiffres consternants

485 pages, 2000 annexes, c’est ce qu’il aura fallu pour recueillir les preuves des abus sexuels commis au sein de l’Eglise entre 1950 et 2020. Un rapport édifiant réalisé par une commission indépendante (Ciase) dirigée par l’ancien vice-président du Conseil d’Etat Jean-Marc Sauvé.

Ses conclusions étaient redoutées mais on était loin d’imaginer l’ampleur du désastre.

Selon ce rapport, 216 000 personnes (avec une marge de plus ou moins 50 000) de plus de 18 ans ont fait l’objet de violences ou d’agressions sexuelles pendant leur minorité de la part de clercs ou de religieux catholiques en France de 1950 à 2020. Et ce chiffre effrayant monte à 330 000 si l’on ajoute les agresseurs laïcs travaillant dans des institutions de l’Eglise catholique (aumôneries, écoles catholiques, mouvements de jeunesse).

Les garçons ont été les principales victimes, majoritairement âgés entre 10 et 13 ans, ils représentent 80% des enfants abusés.

Le nombre de prédateurs, quant à lui, depuis 1950 serait situé au minimum entre 2900 et 3200 hommes, prêtres ou religieux, un chiffre obtenu grâce aux témoignages recueillis durant 17 mois auprès des victimes. Du moins celles qui ont accepté de parler…

Ce drame a connu son apogée entre 1950 et 1969. Le nombre de victimes a ensuite diminué dans les années 1970 à 1990, avant de se maintenir à leur niveau, analyse le rapport de la Ciase. De l’aveu de Jean-Marc Sauvé, cette stabilisation s’explique davantage par la baisse des vocations et celle de la fréquentation des institutions catholiques que par un changement radical de comportement.

« La question de l’indemnisation n’est pas un don, c’est un dû. »

Comment réparer un tel drame. Peut-être d’abord en le reconnaissant, en présentant des excuses. Mais aussi en indemnisant les victimes. Vraiment. Selon Jean-Marc Sauvé, cette indemnisation « n’est pas un don mais un dû… l’Eglise a contracté une dette à leur égard ».

Mais les indemnisations ne pourront réparer les vies brisées.

Elles ne la dédouaneront pas de sa responsabilité d’avoir protégé des criminels en les maintenant dans des postes en contact avec de petites victimes potentielles.

Elles ne feront pas oublier le choix de l’Eglise de garder le silence. D’avoir préféré ne pas faire de vague au sein de l’Institution plutôt que de protéger des enfants impuissants.

Elles ne doivent pas non plus l’épargner d’une nécessaire refonte de son organisation.

Au vu de ces chiffres, la réforme de l’Eglise n’est plus une option. Un premier pas est à noter puisque le 8 décembre prochain une réforme du droit canonique entrera en vigueur. Les agressions sexuelles passeront notamment de “la catégorie des offenses à la chasteté à la catégorie des atteintes à la vie et à la dignité des personnes”.  Un début.

Eric de Moulins-Beaufort, président de la conférence des évêques de France a exprimé “sa honte”, “son effroi” et a demandé “pardon” aux victimes de pédocriminalité. Il a également « invité les catholiques à lire ce rapport ». Et d’ajouter “La voix des victimes nous bouleverse, leur nombre nous accable. Il dépasse ce que nous pouvions supposer.”

Si la commission CIASE arrête ici ses travaux, elle passe le relai à l’Eglise et à la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Civiise)”. L’épiscopat de son côté a annoncé des mesures pour le printemps 2022, évoquant un dispositif de “contributions” financières versées aux victimes à partir de 2022, dispositif qui ne fait pas l’unanimité chez ces dernières ni chez les fidèles. Les fidèles justement qui sont aujourd’hui appelés à contribuer aux dons pour aider au financement de l’indemnisation colossale qui s’annonce. Ça sent un peu la double peine ça non ? Donner alors que les fidèles de cette église ont déjà tellement « donné » au travers leurs enfants victimes de déviants sexuels. Un peu de dignité ne serait pas de trop messieurs les évêques.

Photo : Pixabay

Pornographie

Les mineurs exposés de plus en plus jeunes

Photo : Annie Spratt

Le chiffre a de quoi effrayer : 82% des mineurs auraient déjà vu des images pornographiques (sondage Opinionway). A 12 ans, un jeune sur trois y aurait été confronté. On le sait, l ‘impact négatif de la pornographie sur le développement psychologique des enfants engendre des chocs et traumatismes, surtout lorsque l’exposition est involontaire. Tout aussi inquiétant, 44% des jeunes ayant une sexualité disent reproduire des pratiques vues dans ce type de vidéos.

Un constat désastreux dont se sont emparé deux associations.

Mais plutôt que d’affronter des sites pornographiques opaques et difficilement touchables, La voix de l’enfant et E-enfance ont décidé de confronter les fournisseurs d’accès pour parvenir à bloquer ces sites trop facilement accessibles aux mineurs. Elles ont ainsi décidé d’assigner en justice six d’entre eux leur reprochant ne pas mettre en place de façon plus sûre la vérification de l’âge de l’internaute. Rappelons qu’aujourd’hui, cocher une simple case affirmant que l’internaute est majeur suffit…

Actuellement, la loi semble donner raison aux associations. En effet, l’article 227-24 prévoit 3 ans de prison et 75000 euros d’amende pour la diffusion d’un message pornographique « susceptible d’être vu ou perçu par un mineur ».

La loi de 2020 précise, quant à elle, que demander à un internaute de certifier qu’il est majeur n’exonère pas la société de ses responsabilités. Problème : le décret d’application de cette loi n’a toujours pas été publié… une aubaine pour SFR, Orange, Bouygues, Outremertelecom et Colt qui se réfugient derrière cet argument.

Côté associations, nous attendons avec impatience le 8 octobre pour connaître la réponse de la justice.