Violences intra-familiales

Toulouse organise l’aide aux victimes pendant le confinement

Toulouse propose une procédure simple pour permettre aux victimes de violences intra-familiales, comme aux témoins, de signaler les situations de violence. Violences qui se multiplient durant cette période de confinement.

La ville de Toulouse, la Justice, l’Ordre des Avocats  et celui des Pharmaciens se sont réunis pour mettre à disposition dans toutes les officines une fiche en format de poche récapitulant tous les numéros locaux d’urgence (forces de l’ordre, avocats, collectivité, associations).

Cette fiche sera également mise à disposition dans les centres de consultation Covid-19.

Autre précieux service : des permanences d’avocats sont en place dès cette semaine pour accompagner les victimes au numéro vert 0 805 01 70 15.

L’ensemble du dispositif fait l’objet d’une affiche qui doit être placardée dans les services publics, commerces ouverts ainsi que dans toutes les communes de la Métropole.

Les conflits intra-familiaux impliquant malheureusement fréquemment les enfants, L’Enfant Bleu Toulouse reste plus que jamais mobilisée.

Photo : Christa Dodoo

L’Enfant Bleu Toulouse « ils parlent de nous »

Revue de presse :

L’Enfant Bleu Toulouse en appelle à la vigilance du voisinage
En cette période de confinement, l’association l’Enfant Bleu Toulouse, enfance maltraitée, communique sur les violences envers les enfants.

La crainte des enfants maltraités
Depuis le confinement, les enfants se retrouvent livrés à la violence de leurs parents. Les associations craignent une augmentation des faits de maltraitance.

Enfants maltraités : une association de Toulouse appelle à la vigilance des voisins
La dure réalité tant redoutée est là : les violences sur les enfants augmentent considérablement avec la promiscuité liée au confinement. L’association L’Enfant Bleu Toulouse en appelle à la vigilance des voisins face à cette recrudescence d’enfants maltraités.

Covid-19 accueil d’urgence pour enfants…

Un lieu d’accueil d’urgence pour enfants ouvert à Mondonville

Un centre d’accueil d’urgence solidaire pour les enfants de Haute-Garonne en difficulté vient d’ouvrir ses portes à Mondonville, près de Blagnac.

Photo : Marcus Wallis

Ce dispositif temporaire, créé à l’initiative du Conseil départemental de Haute-Garonne, permet depuis le 31 mars d’accueillir provisoirement des enfants âgés de 3 à 18 ans. Parmi eux :

– les enfants dont les parents sont hospitalisés (COVID-19 ou autres maladies nécessitant une hospitalisation) et ne pouvant s’occuper d’eux ;

– les enfants devant être placés en urgence pour situation de maltraitance ou de danger, se révélant suite au confinement ;

– en relais des assistants familiaux (familles d’accueil) pour qui la prise en charge des enfants placés par l’ASE (Aide sociale à l’enfance) n’est plus possible pour raison médicale ou rendue compliquée par le confinement.

Une équipe pluridisciplinaire de 7 professionnels volontaires et spécialisés dans la protection de l’enfance (psychologues, infirmières puéricultrices, éducateurs de jeunes enfants, éducateurs spécialisés, moniteurs éducateurs, etc.) est mobilisée depuis ce matin sur place pour accueillir les premiers jeunes. Un médecin référent pour la protection de l’enfance assure également le suivi des situations.  Une très bonne nouvelle.

Confinement

L’Aide sociale à l’enfance donne l’alerte

On savait la situation des enfants placés dans des foyers ou des familles d’accueil déjà sujette à inquiétude, on découvre aujourd’hui que le confinement touche en première ligne les 175 000 enfants et jeunes placés dans des foyers ou familles d’accueil. L’arrêt des classes et visites d’éducateurs ou d’assistants sociaux  fait craindre de gros dérapages et des situations explosives dans les foyers notamment urbains. Absence de sortie, absence d’éducateurs, eux-mêmes touchés par la maladie ou contraints de garder leurs enfants. S’ajoute la promiscuité dans les chambres des foyers où il est difficile d’appliquer les consignes sanitaires, le cocktail est explosif.

Autre préoccupation : la promiscuité  dans les familles où la violence est déjà installée et qui risque de flamber. Le service public de l’Aide sociale à l’enfance a très vite alerté le secrétaire d’Etat chargé de l’enfance, Adrien Taquet, pour mettre des moyens en place le plus rapidement possible.

Dans cette urgence, il n’est pas inutile de rappeler l’obligation de signaler toute violence sur un enfant au 119.

Photo : Lacie Slezak

Verdict du procès de l’ancien prêtre Preynat

L’ex aumônier des Scouts condamné à cinq ans de prison

L’ex père Preynat a finalement été condamné à 5 ans de prison ferme alors que le ministère Public avait demandé au moins 8 ans. Le condamné est reparti libre dans un silence presque total. Ce silence qui a décidément plané tout au long de cette affaire. Silence d’enfants terrorisés ; silence des parents ; silence de l’église ; silence de ces dizaines de victimes qui n’ont pu parler en raison du délai de prescription ; silence aujourd’hui de ce palais de justice fermé au public ; silence de la rue, vidée de ses habitants par un virus décidément sans pitié.

Ce verdict tant attendu a été prononcé dans un tribunal dont les portes sont restées fermées au public et à la presse en raison de la pandémie.

Photo : Waldemar Brandt

Début du procès du chirurgien pédophile de Jonzac

Premier volet d’une affaire hors normes

Début du procès à Saintes à huis clos, comme l’on demandé les familles,
du chirurgien pédophile de Jonzac. Joël Le Scouarnec répond à partir du vendredi 13 mars d’agressions sexuelles et viols sur 4 fillettes. Quatre sur les 349 victimes potentielles recensées. Au-delà du procès d’un pédocriminel hors normes, nous espérons que les différentes responsabilités et dysfonctionnements qui ont permis pendant des années
à Scouarnec de sévir seront mis en lumière.

Il existe de nombreuses formes de négligences. Celles qui ont permis à un chirurgien pédophile, condamné pour consultation d’images pédophiles, de pouvoir continuer à travailler avec des enfants, en changeant régulièrement de région sans jamais être inquiété, ont détruit des centaines de vies. (Photo Annie Spratt)

Un César encombrant

Le sujet de l’enfance abusée s’invite aux César

Deux semaines après sa clôture, les César 2020 continuent à agiter les esprits. Fallait-il ou non récompenser Roman Polanski, accusé de viol sur une mineure de 13 ans, en 1977, et par 11 autres femmes depuis ? Chacun jugera.

Nous retiendrons cependant que le cinéma a mis, cette année, sous les feux des projecteurs un sujet de société aussi douloureux que l’abus sexuel des enfants.

Cette édition 2020 a en effet récompensé 2 films racontant cette enfance abusée. « M » de Yolande Zauberman, consacré meilleur documentaire, et Swann Arlaud, meilleur acteur dans un second rôle dans « Grâce à Dieu ». Rappelons que le film de François Ozon avait créé la polémique au moment de sa sortie et été menacé de ne pas être diffusé avant la fin du procès du père Preylat. Le comédien Swann Arlaud a utilisé son temps de parole pour saluer le courage des jeunes hommes abusés par l’homme d’église durant leur enfance, et qui ont eu le courage de briser le silence, mais aussi pour dénoncer la décision de justice concernant la relaxation du cardinal Barbarin.

Abus sexuels sur mineurs

Athlétisme, football, rugby, natation, patinage, équitation, aucun sport ne semble épargné par les scandales d’abus sexuels sur mineurs. Ces enfants, promis aux plus hautes marches des podiums, sont confiés à des entraîneurs qui, certes exceptionnellement mais de toute façon trop souvent, prennent parfois possession de ces jeunes athlètes jusqu’à les abuser sexuellement. Devant l’ampleur de ces révélations ahurissantes successives, le Sénat « a demandé à pouvoir auditionner prochainement la ministre des sports » et prévoit également d’organiser « une table ronde réunissant des sportifs ainsi que des associations engagées contre les violences sexuelles ». Qu’on en finisse avec les complaisances et ces silences qui règnent en maîtres dans les fédérations sportives. Une remise en cause profonde s’impose, y compris au sein du ministère des Sports, pour bannir définitivement ces prédateurs.

Sarah Abitbol fait voler en éclat l’omerta

Photo : Blackhawkice

La patineuse française Sarah Abitbol fait voler en éclat l’omerta qui sévit dans le patinage français en accusant son ex-entraîneur Gilles Beyer de l’avoir violée alors qu’elle était âgée de 15 ans. L’ex championne accuse également la fédération et son président d’avoir couvert l’entraîneur alors qu’ils auraient été au courant des faits. Le livre publié par Sarah Abitbol (Un si long silence, Plon) fait l’effet d’une bombe et a semble-t-il décidé d’autres patineuses à parler. Trois d’entre elles ont affirmé avoir été elles aussi victimes de violences sexuelles infligées par leur entraîneur alors qu’elles étaient mineures. La ministre des sports Roxana Maracineau, qui semble avoir pris la mesure du problème, a demandé au président de la fédération, Didier Gailhaguet de démissionner.
La parole des jeunes se libère, il faut s’en réjouir. Certains peuvent commencer à s’inquiéter. Et on s’en réjouit aussi.

Le cardinal Barbarin relaxé

Le cardinal Barbarin relaxé

Le jugement est tombé ce jeudi 30 janvier, le cardinal Barbarin n’est, pour la justice, finalement pas coupable de non-dénonciation des faits de pédophilie reprochés au père Preynat. Si la cour d’appel reconnaît que le cardinal était donc bien au courant à l‘époque – informé en 2000, le cardinal a attendu 2010 avant de changer d’affectation – elle estime que les faits sont prescrits. En effet, en matière de non-dénonciation la durée de prescription est de 3 ans.

En ce qui concerne les faits qui lui ont été rapportés en 2014 par l’un des anciens scouts agressés, la cour d’appel a estimé que la victime était alors en mesure de porter plainte directement. Ce qui fait dire à l’avocat des victimes que cette conclusion revient « à dire qu’il n’y a pas obligation de dénoncer des violences sexuelles sur mineur une fois que le mineur est devenu majeur. » Pour le moins étrange.

Entre préserver l’institution religieuse et protéger des enfants, le cardinal avait semble-t-il fait un choix. Un choix aux conséquences terribles pour des dizaines d’enfants. Très déçues par ce jugement, les parties civiles ont annoncé un pourvoi en cassation.