Réseaux sociaux

Pour en finir avec le laxisme

Alors que Twitter était récemment sous les feux des projecteurs suite à son rachat par le milliardaire Elon Musk, le célèbre réseau social est aussi dans le viseur de la Cofrade (qui veille à la bonne application des droits de l’enfant en France) et de l’OPEN (observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique). Ces derniers dénoncent dans une tribune, le laxisme des autorités françaises chargées de la surveillance des réseaux sociaux (ARCOM) , et principalement de Twitter

Si ce dernier exclut des contenus « sanglants », il autorise, sous certaines conditions la publication de tout autre contenu, y compris des contenus à caractère pornographique. Il suffit pour cela de passer l’avertissement présenté par le site sans aucun contrôle de l’âge. Rappelons qu’en France, une récente loi oblige les plateformes numériques à prendre toutes les mesures techniques nécessaires pour s’assurer qu’aucun enfant ne puisse se déclarer majeur dans le but d’accéder à des contenus pornographiques

Face à cette réalité, la Cofrade et l’Open demandent :

1/ la suspension temporaire des réseaux sociaux qui ne respectent pas les textes législatifs de protection de l’enfance.

2/ la tenue sans délais d’’Etats généraux concernant la régulation des réseaux sociaux avec pour prisme principal la protection des enfants. 

Un cri d’alarme auquel s’associe notre association confrontée si souvent aux drames provoqués par l’exposition des jeunes à des images pour le moins inappropriées.

Meurtre d’Alisha

L’heure du verdict

Assassinée pour des « futilités ». C’est le terme choisi par le procureur au terme du procès des assassins de la jeune Alisha, survenu en mars 2021, à Pontoise. Après un procès loin des caméras, vu le jeune âge des accusés, les juges ont condamné, début avril, à 10 ans de prison les deux adolescents coupable du meurtre de la jeune collégienne, la préméditation n’ayant pas été retenue. 

En mars 2021, Alisha est morte jetée dans la Seine après avoir été rouée de coups. Un meurtre pour régler un différent entre collégiens. 

Une réalité qui donne des frissons. Que des adolescents règlent leurs frustrations, leur colère par une violence physique extrême jusqu’à donner la mort, devrait inquiéter notre société au plus haut point. DOIT nous alarmer. Car l’histoire se répète. Celle d’Alisha, 14 ans, harcelée par ses ex-amis, des collégiens de 15 ans, pour une histoire de cœur, des photos intimes postées sur les réseaux sociaux, cela ne vous dit rien ? Le drame est là, car tout ceci devient presque banal.

L’émotion immense qui a suivi l’annonce de la mort de la jeune fille a laissé place à l’inquiétude croissante des parents, inquiets, à juste raison, des proportions que prend le harcèlement scolaire. Aujourd’hui leur rôle est plus que jamais crucial. Tout comme l’est celui des politiques pour mettre un terme à un phénomène viral insoutenable.

Inceste

Olivier Duhamel passe aux aveux

Trois mois après les révélations de Camille Kouchner dans son livre « La familia grande »  concernant les abus sexuels commis sur son frère jumeau, Olivier Duhamel aurait reconnu le 13 avril dernier, les faits d’inceste sur son beau-fils.

Le célèbre politologue parisien avait déjà été entendu en 2011 dans une première procédure mais la victime Victor Kouchner avait alors refusé de porter plainte.

Le temps est passé, âgé aujourd’hui de 45 ans, Victor Kouchner est allé cette fois jusqu’au bout, entraînant derrière lui de nombreuses victimes qui ont elles aussi osé franchir le pas. Même si les faits sont probablement prescrits, le tabou est aujourd’hui brisé.

La succession de cas révélés a contraint les politiques à réagir. Un texte de loi visant à renforcer la protection des mineurs face aux abus sexuels sera examiné en deuxième lecture par les députés entérinant le fait que les enfants sont considérés comme non consentant pour un acte sexuel jusqu’à l’âge de 15 ans. Le seuil passera à 18 ans en cas d ‘inceste. Même s’il reste des points à améliorer, cette loi est une véritable victoire.

Abus sexuels dans l’Église

Onze résolutions pour lutter 
contre la pédocriminalité

Parallèlement au travail de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise catholique (Ciase), les évêques, de leur côté, ont  également progressé pour lutter contre des déviances rendues publiques en 2019.

Le 26 mars, les évêques de France, réunis en Assemblée plénière à Lourdes, ont divulgué un document pour lutter contre la pédophilie. Pour mettre un terme à ces crimes, les évêques proposent onze résolutions qui devraient voir le jour entre 2021 et 2022. 

Le texte débute par la reconnaissance de « différents niveaux de responsabilité » au sein de l’Eglise. Les évêques proposent  donc « la création d’un « Conseil pour la prévention et la lutte contre la pédophilie » afin de « continuer à traiter de manière efficace, en lien avec les évêques concernés, les faits de pédophilie et de mettre en œuvre dans le long terme les mesures qui ont été décidées ».

Parmi les autres mesures annoncées, la création d’un « Service national, chargé de la protection des mineurs, d’une « association d’écoutants » et d’un « tribunal pénal canonique interdiocésain ». 

Un lieu mémoriel devrait également voir le jour à Lourdes pour accueillir « les apports des personnes victimes… » mais aussi de permettre aux « générations à venir à ne pas retomber dans la naïveté quant à la proximité des relations de pouvoir et de la sexualité ». Enfin, les auteurs d’abus devraient être « accompagnés ». 

Inceste

Des témoignages en cascade

Depuis la sortie du livre de Camille Kouchner (La Familia Grande, éditions Seuil), des centaines de victimes d’inceste comme de viols ont osé parler, se sont libérées et enfin exprimées. Racontant avec une émotion souvent déchirante l’horreur de ce qu’ils ont vécu. L’horreur de chaque jour passé avec ce secret couvert de honte. Le hashtag#Metooinceste sur Twitter a remporté un succès qui a dépassé de loin les attentes. Les réseaux sociaux ont aussi du bon, ils permettent parfois à certains d’oser l’impensable : parler.

Et les témoignages viennent de partout, de toutes les franges de la population révélant l’ampleur du problème de notre société. Dès lors les politiques ne peuvent plus ignorer le problème. C’est d’ailleurs aujourd’hui, mercredi 20 janvier, un homme politique qui révèle avoir été violé lorsqu’il était enfant. Bruno Questel (député LREM) était âgé de 11 ans quand un habitant de son village a abusé de lui. Pour lui, comme pour la plupart des victimes, « il n’y a pas une seconde où quelque chose, un fait, une parole, un geste, une nouvelle, ne vous ramène pas à cela ».  L’homme politique ajoute « Je n’ai jamais oublié. Aucune excuse possible. Aucun pardon possible. Aucun repos pour les auteurs de ces actes. »

Ces révélations en cascade surviennent alors que le Sénat s’apprête à examiner une proposition de loi pour créer un nouveau crime sexuel visant à protéger les mineurs de moins de 13 ans. « Je pense que nous devons criminaliser les relations sexuelles entre un adulte et un enfant de moins de 15 ans », a affirmé de son côté le secrétaire d’Etat à l’enfance, Adrien Taquet, mardi sur Europe 1.

Mais devant le tumulte provoqué par l’affaire Duhamel, le texte devrait être durci. La sénatrice PS Marie-Pierre de La Gontrie proposant de renforcer la peine encourue pour les cas d’inceste serait de dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.

Il y a quelques jours, Brigitte Macron avait appelé de ses « vœux » une réforme judiciaire pour lutter contre l’inceste rejointe en cela par le ministre de la santé, Olivier Véran, qui déclarait sur France Inter être « tout à fait sur la position de Brigitte Macron ». D’autres politiques comme Christophe Castaner, président du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale, évoque la possibilité « si nécessaire donner la qualification pénale à ce crime ». Passons aux actes !

Reste que l’âge retenu, 13 ans, reste très contesté par les différentes associations de protection de l’enfant, dont l’Enfant Bleu. Que peut-on opposer à 13 ans à un adulte influent ? Les défenseurs du texte opposent qu’il s’agit de «  l’âge de la responsabilité pénale des enfants », selon la sénatrice centriste Annick Billon. « C’est aussi un écart d’âge suffisant » pour ne pas mettre en difficulté des jeunes couples constitués d’un mineur et d’un jeune majeur. Pour sa part Adrien Taquet, secrétaire d’Etat à l’enfance, plaide pour « criminaliser les relations sexuelles entre un adulte et un enfant de moins de 15 ans ». On le voit, le combat est loin d’être terminé.

L’Enfant Bleu encourage toujours et encore les victimes à parler, pour être aidées et pouvoir se reconstruire, bien sûr, mais aussi pour que la nation entende la profondeur de la douleur d’un crime trop souvent recouvert d’un silence complice.

Que les auteurs d’inceste ou de viols sur enfants en soient convaincus : la parole est libérée. A leur tour de trembler.

L’Enfant Bleu Toulouse est à l’écoute des victimes, enfants ou adultes du lundi au vendredi au 05 61 53 21 10. Psychologues et juristes peuvent vous aider gratuitement.

Photo Devon Divine

Une cagnotte solidaire pour les enfants

Parce que nous ne croyons plus au Père Noël mais n’avons pas totalement perdu espoir, nous avons imaginé la mise en place d’une cagnotte en ligne pour recueillir des étrennes.

Si le cœur vous en dit, vous pouvez participer à ce joli cadeau qu’est une main tendue à des enfants qui méritent bien une nouvelle chance.

En participant à cette cagnotte vous aidez des enfants victimes de violences sur le plan psychologique et juridique, vous aidez aussi des adultes victimes durant leur enfance qui ont vécu avec leur fardeau et qui ont aujourd’hui la possibilité de se reconstruire, vous nous aidez enfin à faire que le regard de notre société change, que la violence sur les enfants ne soit plus masquée, ignorée. 

De ce cadeau, vous vous souviendrez, car ce cadeau est grand, très grand. Soyez en fier.

Merci à tous et joyeux Noël

Prostitution des mineurs

Les pouvoirs publics se saisissent enfin du problème


Le chiffre fait froid dans le dos. Elles ont une quinzaine d’années et seraient  entre 6000 et 8000 jeunes filles à se livrer à la prostitution. L’âge des proxénètes est tout aussi révoltant : à peine plus âgés qu’elles !

Comment des jeunes filles, dès la 5e, peuvent-elles se retrouver à proposer leurs « services » sur des sites spécialisés ? Et qui sont ces jeunes garçons qui se livrent à un tel « trafic ? »

Cette situation, bien connue des associations, reste très mal connue en France.

La progression inquiétante de cette prostitution de mineures a toutefois incité les pouvoirs publics à se saisir enfin du problème.

C’est ainsi qu’un groupe de travail vient d’être constitué. Il se réunira le 30 septembre dans les bureaux du Secrétariat d’Etat à l’enfance et aux familles.

Durant 6 mois, représentants des ministères de l’intérieur, justice, santé, éducation nationale ou encore droits des femmes comme des professionnels de terrain (magistrats, psychologues, policiers et gendarmes… et associations)  tenteront de comprendre ce phénomène pour tenter de l’endiguer.

Ce phénomène est depuis longtemps dénoncé par l ‘association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE). Aujourd’hui membre du groupe de travail, l’association possède une longue expérience dans le domaine et s’est maintes fois portée partie civile dans des procès pour proxénétisme sur mineurs.

Le groupe de réflexion sera piloté par la direction générale de la cohésion sociale et par la direction de la protection judiciaire de la jeunesse, sous la présidence d’une magistrate : Catherine Champrenault, procureure générale près la cour d’appel de Paris. L’Enfant Bleu Toulouse attend avec impatience le 4 mars 2021 pour connaître les conclusions et propositions de ce groupe de travail dans lequel nous mettons beaucoup d’espoirs pour mettre un terme à ce phénomène.

Photo : Jasmin Schreiber

Pédopornographie

Un Français arrêté

Un français âgé de 40 ans vient d’être arrêté dans la région de Bordeaux.  Il s’agirait de l’une des « dix cibles prioritaires mondiales” dans la lutte contre les réseaux pédopornographiques a déclaré le procureur de la République de Bordeaux.

L’individu permettait à des milliers d’internautes dans le monde d’avoir accès à des photographies ou vidéos à caractère pédopornographique.

Photo : Andras-Vas